El Patrón, Don Pablo, El Doctor, El Padrino, El Señor, El Diablo, El Mágico, El Zar de la Cocaína, El Duro, El Papu. Tels sont les 10 surnoms de plus grand trafiquant de cocaïne de l’histoire, Pablo Emilio Escobar Gaviria, né le 1er décembre 1949 à Rionegro, Antioquia, Colombie, et tué le 2 décembre 1993 à Medellín, Colombie, est un célèbre trafiquant colombien de cocaïne. À la tête du cartel de Medellín, il a été l’un des principaux barons de la drogue dans les années 1980. Son cartel, au sommet de son activité, fournit environ 80 % de la cocaïne consommée aux États-Unis, pour un chiffre d’affaires annuel de 21,9 milliards de dollars. Souvent appelé « le roi de la cocaïne », il est le criminel le plus riche de l’Histoire, avec au début des années 1990 une fortune nette connue de 30 milliards de dollars (équivalent à 59 milliards de dollars en 2020), ce qui fait de lui un des hommes les plus riches au monde à cette époque.

Pablo Escobar commence à investir dans la cocaïne en 1975, grâce notamment aux trafiquants de drogue pourchassés au Chili par le général Augusto Pinochet qui vient d’accéder au pouvoir. Ces trafiquants lui demandent d’établir des liens avec les zones de production de la pâte de coca au Pérou et en Bolivie, Escobar se spécialisant initialement dans la production de la cocaïne raffinée en Colombie. Pour son premier voyage, Escobar achète 15 kilogrammes de pâte de ce qui allait devenir son empire. Au début, il passe la drogue dans de vieux pneus et un pilote peut espérer gagner plus de 500 000 dollars en fonction de la quantité de drogue passée en contrebande.

Plusieurs fois, il pilote lui-même son avion, principalement entre la Colombie et le Panama dans le but de passer en contrebande de grosses quantités de cocaïne. Plus tard, quand il fait l’acquisition de quinze nouveaux et plus gros avions (dont un Learjet) et de six hélicoptères, il fait en sorte de les faire décoller et atterrir depuis son ranch de l’Hacienda Nápoles où il se fait passer pour un éleveur. Selon son fils, un ami proche de Pablo se tue durant l’atterrissage de son avion et ce dernier est détruit. Pablo le fait reconstruire à partir des débris récupérés et, plus tard, le fait suspendre au-dessus du portail de son ranch l’Hacienda Nápoles.

Sa notoriété commence à s’accroître lorsqu’il assassine en 1975 un célèbre trafiquant de Medellín, Fabio Restrepo, à qui il avait acheté 14 kilogrammes. En mai 1976, lui et plusieurs de ses hommes sont arrêtés en possession de 18 kilos de pâte blanche dans les pneus de leur camion alors qu’ils revenaient à Medellín avec le chargement provenant d’Équateur. Escobar tente de corrompre, sans succès, les juges de Medellín saisis de l’affaire. Après plusieurs mois d’instruction, Escobar fait assassiner les deux policiers qui l’ont arrêté, si bien que les charges sont abandonnées.

Dès lors, Roberto Escobar explique que c’est à cette époque que Pablo tente de soudoyer systématiquement les représentants de l’autorité ou de les tuer. De plus, il affirme que Pablo se lança dans le trafic de cocaïne simplement parce qu’avec un chargement de poudre, il se faisait plus d’argent qu’avec un chargement de cigarettes ou de 40 boissons alcoolisées, et que la contrebande par la route était devenue trop dangereuse. À cette époque, il n’y a pas de cartels de la drogue mais seulement quelques barons, et ce « marché » est considéré comme en pleine expansion avec un territoire non défini qu’il souhaite faire sien. Au Pérou, Pablo achète de la pâte de cocaïne, qui est raffinée dans une maison à deux étages à Medellín.

Il est le pionnier dans l’usage de « mules », c’est-à-dire des personnes volontaires ou non qui passent les frontières l’estomac rempli de capsules de caoutchouc garnies de cocaïne. Ces capsules sont récupérées lors de leur évacuation par les voies naturelles.

Bientôt, la demande de cocaïne explose aux États-Unis et Escobar organise plus de transports à travers son réseau de distribution en Floride du Sud, en Californie et dans d’autres endroits des États-Unis. Lui et le cofondateur du cartel Carlos Lehder travaillent ensemble pour trouver une étape entre les États-Unis et la Colombie afin de transborder la marchandise. L’endroit choisi est une île située dans les Bahamas, appelée Norman’s Cay, à 350 km au sud-est des côtes de Floride. Selon son frère, Escobar n’a pas acheté Norman’s Cay, c’est seulement l’œuvre de Lehder. Escobar et Robert Vesco achètent la plupart des terres de l’île qui comprend une piste d’atterrissage de 1 kilomètre, un port, un hôtel, des maisons, des bateaux, des avions, et ils font même construire un entrepôt réfrigéré pour stocker la cocaïne. De 1978 à 1982, elle est une route de contrebande centrale pour le cartel de Medellín. Escobar est en mesure d’acheter les 20 km2 de l’Hacienda Nápoles pour plusieurs millions de dollars. Il y crée un zoo, un lac et d’autres attractions pour sa famille et son organisation.

À une certaine période, entre 70 et 80 tonnes de cocaïne sont expédiées de Colombie vers les États-Unis chaque mois. À l’apogée de sa puissance, vers le milieu des années 1980, il expédie 11 tonnes par vol long courrier vers les États-Unis (la plus grosse quantité expédiée représentait 23 tonnes par bateau mélangée à des pâtés de poisson, ce que confirme son frère dans son livre). Selon son frère, Roberto Escobar, en plus d’avions, Pablo utilise aussi des sous-marins de poche pour transporter de grosses quantités (environ deux tonnes).

Charles Dimalty

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