La Martinique a subi l’esclavage, mais après une longue lutte, a fini par gagner sa liberté. Cette histoire est malheureusement peu connue. Une révolte sanglante abouti à la fin de l’esclavage. La Métropole française contrainte de céder. L’assemblée nationale française fait un rapport de la situation.

« ASSEMBLÉE NATIONALE.

Présidence de M. Sénard. Séance du 22 juin.

M. L’Amiral Casy, ministre de la marine est des colonies. Il m’est parvenu ce matin des nouvelles fâcheuses des Antilles. Je crois devoir en donner connaissance à l’Assemblée pour que l’émotion publique n’aggrave pas encore le mal.

Voici le résumé des dépêches qui me sont parvenues de la Martinique et de la Guadeloupe :

Sans attendre l’abolition officielle de l’esclavage, on a proclamé cette grande mesure, cela a été le signal d’une grande agitation dans la Martinique; cependant l’ordre avait été maintenu jusqu’au 20 mai, mais à cette date des rassemblements se formèrent à Saint-Pierre pour demander l’élargissement des noirs arrêtés par la police. La ville a été envahie par la population noire et livrée au meurtre et au pillage.

La journée et la nuit du 22 mai ont été signalées par des actes déplorables. Une maison occupée par la famille Desabaye et de laquelle un coup de fusil avait été tiré contre les noirs a été incendiée, maîtres, enfants et domestiques, en tout 35 personnes, ont été brûlées.

Vingt autres maisons ont été brûlées et de malheureuses victimes ont succombé. »

Le lendemain 23 mai, l’autorité municipale de Saint-Pierre a pris les mesures nécessaires au maintien de l’ordre et elle a publié l’arrêté suivant :

« Art. 1er. L’esclavage est aboli à partir de ce jour à la Martinique. Le maintien de l’ordre public est confié au bon esprit des anciens et des nouveaux citoyens français. Ils sont, en conséquence, invités à prêter main forte à tous les agents de la force publique pour assurer l’exécution des lois.

Saint-Pierre, 23 mai 1848.

Le général de brigade, Rostoland. »

 L’arrêté était suivi de la proclamation suivante :

« Citoyens de la Martinique, la grande mesure de l’émancipation que je viens de décréter a détruit les distinctions qui ont existé jusqu’à ce jour entre les diverses parties de la population ; il n’y a plus parmi nous de maîtres ni d’esclaves; la Martinique ne porte aujourd’hui que des citoyens. J’accorde amnistie pleine et entière pour tous délits politiques consommés dans la période du mouvement que nous avons traversée. Je recommande à chacun l’oubli du passé. Je confie le maintien de l’ordre, le respect de la propriété, la réorganisation si nécessaire du travail à tous les bons citoyens; les perturbateurs, s’il en existait, seraient désormais réputés ennemis de la République, et comme tels, traités avec toute la rigueur des lois.

Saint-Pierre, 23 mai 1848.

Le général de brigade, gouverneur provisoire, Rostoland. »

Les colons seront indemnisés pour la perte de leur « main d’oeuvre gratuite », les esclaves eux n’auront rien, mais ils ont gagné leur liberté, les chaines sont brisées.

Charles Dimalty TER HISTOIRE

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