Georges Wenceskas Saimby Aboké a été nommé le 3 août, Directeur Général de Label par le patron du Groupe, le Sénégalais Mactar Silla. Un peu plus d’une semaine après, il se confie à Audace24.com. L’ancien DG de la RTI fait un bilan de son passage à la tête du média public ivoirien, présente sa nouvelle maison et déroule son plan d’action. Interview exclusive.

Bonjour M.Aboké, vous avez été nommé DG de Label TV le 3 août. Quelles sentiments vous animent en ce moment ?

C’est un sentiment honnête, humain et sain de fierté qui m’anime. Une nomination est dans la plupart des cas à la fois l’aboutissement d’un travail de longue haleine bien exécuté, et le point de départ de défis à relever.

Les défis que le groupe Label doit relever sont nombreux et je voudrais garder toute ma lucidité pour les affronter. Je vais puiser dans le fait que j’accède pour la 3è fois à un poste de DG pour accomplir la mission.
C’est l’occasion de dire un grand merci à mon PDG Mactar Silla qui m’a donné l’opportunité de travailler à ses côtés et aujourd’hui de faire de moi le directeur opérationnel de Label.

Avez-vous vous pris fonction?

Oui, j’ai pris fonction aussitôt.

Vous avez été DG de la RTI, la radiodiffusion télévision publique de Côte d’Ivoire, un média d’où vous avez été radié à la faveur de l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir. Une belle revanche pourrait-on dire?

Non, je ne m’inscris pas dans ce cadre revanche. Je n’ai de revanche à prendre sur personne d’autre que sur moi-même. Certes, j’ai trouvé idiot que la Côte d’Ivoire investisse dans la formation de cadres et qu’à la faveur d’un changement politique à la tête de l’Etat et qu’au nom d’une lugubre politique dite de rattrapage, l’on se débarrasse aussi bêtement d’hommes bien formés et d’expérience. Souhaitons déjà que de telles pratiques n’arrivent plus quel que soit le régime politique en place.

De DG d’une chaîne nationale à DG d’une chaine internationale est-ce les mêmes défis ou les challenges changent?

Les défis restent les mêmes, mais avec des variantes.
A la RTI, il a surtout été question d’adapter la structure aux réalités du moment en procédant à une profonde restructuration. Aujourd’hui, les résultats de notre politique sont mis en application. Le secteur de la diffusion et de la transmission constitue une entité à part entière. La radio et la télévision forment le nouveau groupe, avec des chaînes bien distinctes les unes des autres même si elles sont complémentaires. Iront-ils jusqu’au bout en détachant la radio de la télé ? Qu’on se souvienne que nous avons engagé les programmes sur le 24h, que nous avons calé le JT à ses 30 mn, que toutes les opinions étaient exprimées, que la culture d’entreprise (même publique) faisait son chemin, que les salaires se sont accrus, que les bureaux excessivement chers du Plateau ont été abandonnés, que le cadre de travail s’est amélioré avec de nouveaux bureaux, que la numérisation a été initiée, que la gestion financière a été assainie…
A Challenge Média, c’était ma toute première expérience dans le privé où la rentabilité était le maître mot.
A Label, il faut aller à la conquête de l’Afrique et du monde. Les moyens techniques existent bien. Il faut faire en sorte que les ressources humaines s’engagent dans cette voie, du point de vue éditorial comme financièrement. Le tout, dans un contexte très concurrentiel où tout doit être gagné.

Et si on vous demandait de présenter la maison Lavel TV?

Le groupe Label dispose d’une chaîne de radio généraliste, Label Radio, 91.00 à Libreville
Le groupe a aussi une chaîne de télé, Label TV, une chaîne internationale à vocation panafricaine.
Il y a aussi un aspect consultance, MS Consulting, car en matière de presse, radio, TV, ingénierie…des compétences existent pour venir en appui à tous ceux qui nous sollicitent.
Les ressources humaines proviennent de nombreux pays africains. Nous cultivons allègrement le multiculturalisme.
Les équipements techniques sont tout ce qu’il y a de plus actuel, et capables de supporter plusieurs chaînes. Leur installation a été faite que par des ingénieurs africains.
Toutes les salles de travail portent un nom illustre : Cheick Anta Diop, Donald Kaberuka, Amadou Hampaté Ba, Wèrè Wèrè Liking, Hassan II, Omar Bongo…et le bâtiment qui abrite toutes les installations est le Centre Audiovisuel Nelson Mandela qui se dresse au nord de Libreville sur 5 étages…Label TV est vue sur toute la planète, grâce aux réseaux satellitaires exploités et aux bouquets (Canal+, SatCon, Orange…) qui relaient les signaux de la chaîne.

Label TV a été lancé il y a 3 ans moi pour moi. Vous qui avez été là avant même la première image en direction des téléspectateurs, pouvez-vous dire l’histoire de la naissance de cette chaine?

Le Centre Audiovisuel Nelson Mandela a été inauguré le 14 août 2017 par le Président Ali Bongo Ondimba, au nom de ses pairs africains et au nom de toute l’Afrique.
Ce même jour, entouré de nombreuses personnalités africaines, il a donné le coup d’envoi de la diffusion des émissions.
Avant ce 14 août, il a fallu composer les équipes techniques et rédactionnelles, affiner la ligne éditoriale, mettre en place la grille de programmes et la programmation, organiser le travail…. Et tout ça s’est fait en un temps record, 3 mois, parce que dans chaque département il y a des hommes et femmes de grande expérience.
Notre slogan,  »Label, branding Africa, l’image du continent » fait la promotion de l’Afrique dans tout ce que le continent comporte de meilleur, sans toutefois occulter les points négatifs. Et nous nous présentons comme étant  »la chaîne panafricaine internationale ».
C’est l’instrument que notre PDG Mactar Sylla a décidé d’engager pour rendre à l’Afrique ce qu’elle lui a donné, pour accompagner le développement de l’Afrique et pour la postérité.

Trois ans après, quel bilan?

Je ne donne pas dans l’autosatisfaction, mais le bilan est largement positif. Label Radio & TV sont connues et reconnues sur tout le continent et ailleurs surtout grâce à notre ligne éditoriale et nos femmes et hommes qui arrivent à bien rendre les programmes. Nous avons un public dans tous les pays africains et ailleurs. Les réactions sont bonnes et nous parviennent de partout.

Quelle seront vos marques à la tête de ce média?

Je m’attelerai à corriger nos insuffisances. Le développement de la chaîne va se poursuivre avec l’implantation de nouveaux bureaux en plus de ceux de Dakar et de Yaoundé. Abidjan, avec sa vitalité, nous intéresse fortement.
Surtout, il sera maintenant question d’assurer une grande rentabilité de la chaîne en attirant des annonceurs. C’est le lieu d’indiquer aux décideurs politiques, économiques et culturels africains que Label se tient à leur disposition, et que chaque cas sera étudié sous la forme du sur-mesure.
Tout le monde s’attèle à démontrer que l’Afrique est le continent du futur. Le développement de l’Afrique ne se fera qu’avec l’appui notamment des grands médias africains. Les médias africains ont le devoir de faire adhérer les africains aux politiques de développement, de montrer le savoir-faire africain, de présenter et d’expliquer les grands événements organisés en Afrique, bref de faire la promotion du panafricanisme, car sans solidarité et sans rassemblement, l’Afrique restera à la traîne.Encore une fois, Label s’inscrit dans cette dynamique.

Interview réalisée par Dan Opéli

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