C’est un coup dur pour le Ghana et surtout pour toute l’Afrique. L’ex président John Rawlings est décédé ce jour au Ghana. Selon des sources du milieu diplomatique ghanéen qui fait état d’un décès par arrêt cardiaque.

Jerry Rawlings avait dirigé le Ghana pendant deux décennies, de 1981 à 2001. Il est décédé ce jeudi matin dans un hôpital d’Accra à moins d’un mois de l’élection présidentielle de 2020

Jerry Rawlings a occupé le pouvoir de 1981 à 2001, deux décennies pendant lesquelles il a marqué l’Histoire du Ghana de manière paradoxale. Car s’il est devenu président à la suite d’un coup d’État, c’est lui qui a rétabli les libertés démocratiques au Ghana et en a fait le bon élève de l’Afrique de l’Ouest.

Fils d’un père écossais et d’une mère ghanéenne, Jerry Rawlings devient pilote de chasse et s’intéresse vite à la politique. En 1979, il organise le coup d’État qui renverse le régime de Fred Akuffo et cède le pouvoir au gouvernement civil du président Limann.

Élu en 1992 et 1996

Or, Jerry Rawlings est mécontent de la gestion de Limann, qu’il juge corrompu. Il le renverse lui aussi en 1981 et prend à son tour les rênes du Ghana. Très vite, l’ancien putschiste se convertit à la démocratie et au libéralisme économique, conformément aux souhaits du FMI.

En 1992, une nouvelle Constitution est adoptée, la IVe République est proclamée et Rawlings est, cette fois, démocratiquement élu. Le multipartisme est rétabli, de même que la liberté de la presse.

Rawlings est réélu en 1996. La Constitution lui interdisant de se représenter une troisième fois, il fait une sortie pacifique et volontaire de la scène politique lors de l’élection en décembre 2000. Il passe les rênes du pays, le 7 janvier 2001, après quasiment vingt ans au pouvoir.

Un leader charismatique

Capitaine dans l’armée ghanéenne, Jerry Rawlings n’a que 32 ans quand il renverse pour la première fois le régime en Juin 1979. Il cultive une image de jeune révolutionnaire intègre, y compris par sa ressemblance au révolutionnaire bolivien Che Guevara. Il promet de s’attaquer a la corruption et à la mauvaise gestion : « de nettoyer la maison » selon ses termes.

À l’époque, il donne rapidement le pouvoir au civil, mais renverse ce nouveau gouvernement 2 ans plus tard, déçu par son inaction. « Je me suis retrouvé à ce poste, non pas par ce que je voulais être chef d’État » dira t’il des années plus tard « mais par passion pour la justice, pour la liberté ».

S’ouvre alors une période trouble. Jerry Rawlings restera au pouvoir pendant 11 ans avec pour objectif d’assainir l’économie avant toute ouverture démocratique.

Début des années 90, sous la pression de l’opposition et de la communauté internationale, Jerry Rawlings ouvre la porte au multipartisme et organise des élections dont il sortira vainqueur. Il est réélu une 2e fois en 1996 et quitte définitivement le pouvoir en 2000. « C’est assez facile de prendre le pouvoir », avait-il déclaré en 2007, avant d’ajouter « ce n’est pas très compliqué de le garder, le plus difficile c’est de le quitter ».

Parmi les premières réactions celle du président de la commission de l’Union Africaine Moussa Faki Mahamat : « L’Afrique a perdu un pilier du panafricanisme et un charismatique homme d’État. »

Anne Marie Kouadio

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