A Bongouanou, ce samedi 17 octobre 2020 m, la violence liée aux élections a fait des ravages. D’un côté le domicile de Pascal Affi N’Guessan, l’Institut d’Enseignement Général et Technique(IEGT) du député- maire Gilbert Amalaman proche d’Affi et un restaurant appartenant à Amah Tehua cadre du PDCI ont été incendiés par des personnes non identifiées mais soupçonnées d’être des militants du parti au pouvoir.
De l’autre côté, le domicile de Théophile Ahoua N’Doly, inspecteur général d’État et cadre du RHDP ainsi que des commerces de personnes soupçonnées d’être des partisans du parti au pouvoir ont aussi été passés par le feu.
Bongouanou se présente alors comme le rappel des frictions communautaires d’août et comme la ville pilote d’affrontements qui arrivent.
La Côte d’Ivoire connaît un regain de tension depuis l’annonce le 6 août 2020 par Alassane Ouattara de sa candidature à la présidentielle du 31 octobre. L’opposition et les populations jugent cette candidature inconstitutionnelle et demande son retrait. Le 14 septembre, le Conseil Constitutionnel a non seulement validé cette candidature mais aussi, elle a rejeté les candidatures de certains ténors de l’opposition. L’ancien premier Guillaume Soro, l’ancien président Laurent Gbagbo, l’ancien président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly et l’ancien ministre Mabri Toikeusse ont tous été recalés. Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan dont les candidatures ont été retenues refusent de participer au scrutin tant que la candidature anticonstitutionnelle d’Alassane Ouattara est maintenue et que les structures chargées d’organiser les élections ne sont pas rendues véritablement Indépendantes.

Le pouvoir ne veut pas entendre raison. L’opposition a alors lancé un mot d’ordre de désobéissance civile et invite au report du scrutin pour s’asseoir et discuter des conditions idoines d’organisation de la compétition. Mais le régime reste inflexible. Aussi les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan sont-ils passé à une autre phase. Avec le soutien de toute l’opposition, ils ont lancé le boycott actif des opérations électorales. Dans le même temps, le candidat Ouattara a lancé sa campagne. Les frictions ont débuté. Les militants de l’opposition sabotent l’opération de distribution des cartes d’électeurs et toutes les autres opérations liées au scrutin. Cela n’est pas apprécié par les partisans du régime. Le décor est planté.
C’est le retour des démons. Le démon de la soif du pouvoir. Le démon de la conservation du pouvoir par tous les moyens. Le démon des groupes d’intérêts. Les intérêts du clan au pouvoir dont les animateurs sont aujourd’hui des hommes d’affaire. Les entreprises créées depuis 2011 ont tous les marchés publics. Ils brassent des milliards par jour. Ils ont peur de perdre ces paradis financiers s’ils ne sont plus au pouvoir. Ainsi s’explique l’activisme et la rage de certains cadres du RHDP.
Les intérêts des multinationales occidentales, les intérêts géostratégiques de l’ex-puissance coloniales la France. Celle-ci sait le caractère inique de la candidature contestée. Mais elle préfère se taire. Elle avait hier usé de bombe pour asseoir le bras séculier. Aujourd’hui elle évoque la non non-ingérence. Mais ke monde entier a compris. Le démon des groupes d’intérêts. Ces intérêts là ont plombé toutes les organisations internationales depuis la CEDEAO à L’ONU en passant par l’Union Africaine. Alors, sollicitées, elles font des déclarations d’intention. Et c’est tout. Elles ne disent pas comment avoir des élections inclusives et apaisées. Les délégations arrivent, rencontrent d’abord les gouvernants qu’elles remercient pour le « bel accueil ». Mais les consciences averties savent que le kérozéne de ces missions en période électorale revient très chère et se paie cash.
C’est ainsi alors que sont piétinés les intérêts des peuples. Le peuple ivoirien est de nouveau sous les coups de boutoirs des démons des groupes d’intérêts. Bongouanou est la phase pilote d’un nouveau ravage national. Maillon local de la chaine démoniaque, le pouvoir foncera en défonçant tout sur son passage. Un seul espoir cependant: une synergie insoupçonnée des forces internes. Comme un blast.

Dan Opéli

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