Depuis le jeudi 20 juillet 2020, la police frontière de la Côte d’Ivoire intime l’ordre de stationner aux différents camionneurs qui partent de la Côte d’Ivoire pour le Mali. Ce sont donc plusieurs camions de marchandises qui sont bloqués à la frontière ivoiro-malienne, précisément au poste de contrôle frontalier de Nigouni dans l’extrême nord de la Côte d’Ivoire, a rapporté une correspondance locale. 

Cette situation fait suite à la mesure d’embargo imposée au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), suite au coup d’Etat ayant renversé, le 18 août, le régime du président Ibrahim Boubacar Kéïta dit IBK. Et le 19 août 2020, la Côte d’Ivoire a immédiatement mis en exécution cette mesure de la CEDEAO.  «Suite à une mutinerie déclenchée au sein de l’armée Malienne, le Mardi 18 Août 2020, ayant impactée les institutions de la République du Mali, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de I’Ouest (CEDEAO) a décidé ce jour de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. Elle a également décidé de la suspension de toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. En exécution de cette décision de l’organisation Ouest Africaine, le Ministre de l’Economie et des Finances instruit : toutes les administrations fmancières publiques sur le territoire national ; toutes led banques et tous les établissements financiers sur le territoire national ; toutes les Sociétés de Gestion et d’lntermédiation (SGI) et les Sociétés de Gestion d’Organisme de Placement Collectif en Valeur Mobilière (SGO) sur Ie territoire national ; tout autre institution financière et acteur du marché financier sur le territoire national ; de suspendre toute relation économique et financière, tout flux financier, en direction du territoire malien jusqu’à nouvel ordre», fait savoir un communiqué du ministère de l’Économie de la Côte d’Ivoire. Conséquence, c’est la galère des camionneurs à la frontière ivoirienne.  « Et il en est de même des camions en provenance de la Côte d’Ivoire avec plusieurs marchandises à bord» , précise Silué Lonigué, un Ivoirien conducteur de mini car transformé en camion de marchandises depuis la crise sanitaire de la Covid-19.

Les frontières terrestres de la Côte d’Ivoire étaient déjà fermées aux passagers depuis mi-mars avec l’avènement de la crise sanitaire du coronavirus. Mais cette mesure ne concernaient pas la circulation des marchandises entre le pays et ses voisins.

Mais L’embargo n’est pas vu d’un bon œil par tous les Présidents des États de la CEDEAO. C’est le cas de Macky Sall, le président du Sénégal a exprimé sa vive préoccupation quant aux effets desdites sanctions sur Ies populations maliennes. Sur son compte twitter, ce jeudi 20 août 2020, il a qualiflé ces sanctions de précipitées et a demandé qu’elles soient sélectives à titre humanitaire. «Ce matin (ndlr jeudi 20 août) , lors du sommet extraordinaire, j’ai appelé la CEDEAO à réapprécier les sanctions annoncées, pour tenir compte des impératifs humanitaires. Les denrées de première nécessité, les produits pharmaceutiques et pétroliers ne seront pas concernés par I’embargo», a fait savoir Maky Sall. || s’est désolidarisé, pour ainsi dire, des États de la sous-région ouest-africaine, notamment la Côte d’Ivoire, le premier pays de Ia CEDEAO, qui a annoncé la suspension des opérations financières et économiques, y compris la fermeture des frontières aériennes et terrestres avec le Mali. Le 18 août 2020, suite au renversement d’IBK, la CEDEAO, l’ONU et bien d’autres voix ont condamné le coup opéré par les militaires maliens. Notamment la CEDEAO qui s’est voulue intraitable à l’égard du nouveau régime militaire qui s’est installé au Mali à la suite de la mutinerie qui a finalement pris la forme d’un coup d’Etat. L’organisation qui a condamné dès les premières heures ce qui avait été considéré au départ comme un mouvement d’humeur de soldats, a décidé d’imposer un embargo au pays. Elle a annoncé dans un communiqué la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la CEDEAO et le Mali et invite tous les partenaires à faire de même. En outre, Ia CEDEAO a demandé de mettre en œuvre immédiatement un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leur partenaires et collaborateurs et de s’employer à un retour immédiat de l’ordre constitutionnel. 

Charles Dimalty 

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