AZO Vauguy, le poète et le journaliste reçoit les hommages posthumes

«AZO, AZO, AZO, c’est vraiment toi AZO» . Cette par cette itération rhétorique qu’ont été marqués les derniers instants auprès des siens de la dépouille mortelle de ZEOBO AZO CELESTIN dit  «AZO VAUGUY» ou encore  «Gba Zikéi Ozi». C’est ce samedi 20 juin 2020, à Siégouékou, son village natal, dans la sous-préfecture de Ouragahio que ZEOBO AZO CELESTIN dit  «AZO VAUGUY» ou encore  «Gba Zikéi Ozi» , a été conduit à sa dernière demeure. Ces derniers temps de séparation ont donné lieu aux adieux de nombreux amis et parents à Gba Zikéi Ozi, l’artiste pluriel. C’est à tour de rôle que des immensités intellectuelles ont rendu un hommage au journaliste écrivain, Azo Vauguy. Fatalement. Le « Voyage aux pays des yeux perdus » d’Azo Vauguy, l’un des plus grands chantres des rites et incantations, a pris fin,  « Temps de deuil Particulièrement froissant à Téti-Blédou ». Parents et amis ont supplié en vain, le Dieu des temps, d’arrêter la levée du jour, sur ce samedi fatidique. Mais l’incorrigible deuil Du pays des yeux perdus a soumis les Téti-Blédoua et tous leurs hôtes « aux exigences de la finitude ». La mélodie abjecte de la « Chorale de Hibou » mêlée au son lourd des tambours a entériné l’atmosphère de mort.

Qu’importe, dans ce village d’artistes (Abihi Gbahi, Zebo Gabriel, Zahiri Tino…), les dispositions avaient été  prises pour honorer cet autre artiste pluridimensionnel. Des « hommes d’art » de la région, notamment Douza Mouna, le Lion de Nékédi, et le parolier Goubo Yoro, tous les deux de la tribu de Brihi, ont fait le déplacement de Siégouékou. Ils ont trouvé sur place, Gaba Djagger, héritier des artistes dépositaires, que le village de Siégouekou a offerts à la région et au pays…

Ainsi, dans la nuit de vendredi 19 à samedi 20 juin 2020, «  Maison mère », empruntant les sillons tracés par le rossignol hors pair, Abihi Gbagbi Akenou et les autres, ont veillé sur la dépouille d’Azo Vauguy, artistiquement. La parole hommage a ainsi investi la grande cour de Bohui Marcellin, l’oncle du regretté, qui a accueilli la manifestation. Puis le torrent impétueux de la culture a stérilisé l’atmosphère de deuil, soufflé les sanglots, étouffé les cris de détresse, pour instaurer une ambiance rythmée par l’art. Le gbégbé (rythme Bété,  le lougboutouwéli, chants dédiés aux funérailles, fredonnés par les paroliers, l’alloukou, exécutés à travers des dialogues, des déclamations ; parfois en duo ou en solo, ont meublé le salon artistique de l’hommage des  « hommes d’art »  à l’un des leurs. En solo, on a retrouvé entre autre, Claudine Yvette BOHUI qui a interprété feu Zika Lekpé, l’artiste préféré d’Azo.

L’hommage a également prévu une séquence académique, animée par des amis et collègues, venus d’Abidjan : Boga Sivori, son épouse et Cyrille Anselme Bohui. Elle était ponctuée de témoignages et de lectures de plusieurs extraits des poèmes d’Azo Vauguy. Le journaliste-écrivain, père de quatre œuvres dont deux poèmes, a été révélé à ses parents à travers des extraits de ses poèmes sélectionnés à propos. Téti-Blédoua ont découvert la personnalité d’Azo Vauguy, les fonctions qu’il a exercées, le combat qu’il a mené. 
Lectures, témoignages et prestations artistiques alternées, ont dûment meublé la soirée. Un des extraits lu par Agnès Boga a invité chacun à plonger «  dans les entrailles » des « rêves d’enfant » de l’artiste ; de contempler «  le beau plumage du perroquet » et accompagner « les chants mélodieux du pigeon ramier qui se plaint de la bêtise des hommes ».

Ce retour dans le cosmos du regretté, a permis de faire connaissance avec les esprits, les allégories et les entités de la nature qui régentent  l’existence. Il s’agit de Zizimazi, Gofo-gniniwa, le génie échassier, de Gnènègbè Dodobli, l’ancêtre, de Zato Blègnon (le forgeron), de Baliè, le lieu sacré. « Dans les entrailles des rêves d’enfant » d’Azo Vauguy, il y a également Zidogoplou, la fourmi intermédiaire entre les royaumes des morts et des vivants. La lecture des extraits a surtout permis de découvrir Zakwato, « le père du courage », le héros au pied rapide, d’Azo Vauguy.

L’incursion dans la vie du poète a été un long chant, une mélodie, hélas tragique qui devait se terminer au cimetière de Siégouékou. Le matin du samedi 20 juin, un groupe de neveux, coutume oblige, a  emporté sa dépouille en ce lieu de non-retour, le cimetière ; laissant derrière lui 3 filles et une veuve. Le « Voyage au pays des yeux perdus » d’Azo Vauguy, se termine donc ce 20 juin 2020, à Téti-Blédou, la terre qui l’a vu naitre. Mais la marche vers l’au-delà, aura duré 50 jours parce qu’il a commencé le jeudi 23 avril 2020, date de son rappel à Dieu, à 21 h 50, à la Formation Sanitaire Urbaine Communautaire de Port-Bouët 2, où il a été admis suite à une crise de tension. Adieu l’artiste, le poète et le journaliste. Que la terre qui l’a vu naître, lui soit légère.

Marcel Dezogno, avec correspondance à Ouragahio

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