Avec 59 nouveaux cas, la Côte d’Ivoire a enregistré lundi 27 juillet, son premier chiffre quotidien en dessous de 100 cas de contamination au Coronavirus depuis un mois. Cette donne intervient au moment où le RHDP, le parti au pouvoir, multiplie les rassemblements de masse pourtant officiellement interdits. Et des membres du gouvernement participent à ces meetings. Les ministres Danho Paulin des Sports et Amedée Kouakou des Infrastructures étaient présents samedi 25 juillet au stade dépourvu de gazon de Divo. Ils étaient en compagnie de plusieurs militants de leur parti pour un nouvel appel à Alassane Ouattara de briguer un 3eme mandat.
Ce genre de rencontres ont été multipliés depuis la fin des obsèques du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. De véritables mises en scènes qui rappellent les temps des pères fondateurs sous les partis uniques. Ces manifestations constituent des véritables lieux de super-contaminateurs. La plupart des militants du RHDP sont des musulmans.

Super-contaminateur

Mais, cette année, beaucoup n’effectueront pas le pèlerinage à la Mecque.Selon des médias internationaux, en raison de la pandémie de Covid-19, le grand pèlerinage, l’un des cinq piliers de l’islam, qui débute mercredi 29 juillet, sera organisé dans un format très réduit. Au lieu de voir défiler 2,5 millions de fidèles, comme l’année dernière, la cité la plus sainte du monde musulman ne devrait accueillir que quelques milliers de croyants, 10 000 au maximum, Une affluence minimale, quasi-symbolique, qui constitue une première dans l’histoire de l’Arabie saoudite, royaume fondé en 1932.
« Pour éviter que le hadj ne se transforme en « super-contaminateur », à la manière du rassemblement évangélique de Mulhouse fin février mais à la puissance 1 000, les autorités saoudiennes ont décidé de maintenir la fermeture de La Mecque aux pèlerins étrangers. Cette décision avait été prise fin février, à l’orée de la crise sanitaire. Alors même qu’aucun cas d’infection par le Covid-19 n’avait été enregistré dans le pays, Riyad avait suspendu la délivrance de visa pour l’omra, le petit pèlerinage, qui peut être effectué tout au long de l’année » rapporte RFI.fr

Un fonds de commerce politique

En Côte d’Ivoire, c’est le contraire. Les rassemblements brisant toutes les barrières de lutte contre la pandémie avaient débuté avec les obsèques du candidat déclaré, le PM Amadou Gon Coulibaly. On a été témoin d’un parc des sports bondé de militants tout de blancs vêtus. Ce qui avait entraîné la crainte de propagation, là où, en temps normal, l’heure était à la compassion nationale. D’ailleurs, le décès d’Amadou Gon Coulibaly est aujourd’hui devenu un fonds de commerce politique. Le but annoncé des rassemblements est de rendre un hommage au Lion de Korhogo. Mais, une fois sur place, tous les intervenants ont un code: appeler Ouattara à reconsidérer son engagement à ne pas briguer un 3ème mandat.
Pendant ce temps, les messages d’invitation au respect des mesures barrières contre le COVID-19 continuent de passer sur les téléphones portables. Dans une dérision totale des Ivoiriens qui dénoncent une hérésie du régime. Une hérésie synonyme de peur de perdre le pouvoir. Cette peur tenaille tellement les hommes du 11 avril 2011, qu’ils sont prêts à tous les actes contraire à la décence. Les rassemblements ont deux objectifs pour le RHDP: faire croire qu’il a un peuple derrière lui et que ce peuple réclame Ouattara. Pourtant c’est ce dernier le commanditaire des rassemblements dignes des temps des pères fondateurs sous le parti unique. Dans des pays démocratiques, plusieurs dirigeants font face à la justice pour leur gestion désastreuses du COVID-19. Ici, avant le COVID-19, les nôtres étaient déjà passibles de lourdes peines en raison de la gestion calamiteuse du pouvoir. C’est sûrement ce qui explique la grosse peur de le perdre.

Dane Opéli

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